ESSAI SUR LA DEMOCRATIE ET SON IMPACT SUR LES DETERMINANTS DE LA PRODUCTION NATIONALE (Approche économétrique pour le cas de Madagascar)
Abstract
Les tenants de la théorie orthodoxe ont confectionnés des multitudes de modèle de croissance économique durant la période de prospérité qui s’est produit en Europe vers le milieu du XIXe siècle. Parmi ces modèles, celui présenté par Robert Solow a été, certes, le plus plausible et pourrait même être le plus rependu dans des différentes économies du fait de sa maniabilité et sa capacité d’interprétation très intéressant et largement utilisé par les économistes du monde occidental. Mais, il a fallu attendre R. Barro, un des successeurs de cet auteur néoclassique pour se rendre compte que les facteurs de production telle que la terre et le capital n’est pas suffisantes pour expliquer la croissance économique, d’où le rajout dans le modèle de Solow d’une variable qualitatif qu’est la démocratie et qui va servir par la suite un levier pour analyser le phénomène de croissance économique. Dans son ouvrage paru en 2000 et qui s’intitule « Les facteurs de la croissance économique ; Une analyse transversale par pays » [1] cet auteur à montrer que la démocratie est une variable à mettre en exergue si l’on veut avoir une croissance équilibrée qu’il a d’ailleurs démontrer avec succès pour un bon nombre de pays. Barro a tiré une conclusion que la démocratie est déterminante pour l’instauration d’une politique de croissance équilibrée.
Pour notre part, une question se pose si cette théorie pourrait fonctionner à Madagascar. Cette question nous a poussées à entreprendre une étude de la dynamique de la croissance de notre production en introduisant la variable démocratie et l’instabilité politique dans ce processus. Ainsi, après une analyse économétrique intégrant le modèle à correction d’erreur, on a déduit que la liberté civile ainsi que les droits politiques qui sont des variables de la démocratie n’influencent en rien en ce qui concerne la croissance économique du pays depuis l’indépendance. En effet, ni la liberté d’expression, ni la dictature, n’exercent aucune influence sur le processus de production nationale. On peut déduire donc de cette analyse que, les droits politiques et les libertés civiles ne contribuent en rien en ce qui concerne la croissance économique à Madagascar. Par contre, la concurrence et l’ouverture dans le recrutement de l’exécutif, la contrainte sur l’exécutif, la régulation et la concurrence dans la participation à la vie politique, d’autre part, comme il a été formulé par son auteur M. Michaël GOUJON, restent significatives mais défavorables à la croissance économique. Pour conclure, la théorie de R. Barro ne marche pas encore à Madagascar. Peut-être que le pays a encore besoin de temps pour pratiquer ce concept ? Faut-il rappeler que la démocratie libérale n’a été pratiquée à Madagascar qu’à partir de l’année 1991.